La start-up Kare 3D vient de lancer une campagne Kickstarter pour une imprimante 3D de bureau haute température. Selon l'entreprise, cette machine est capable de traiter presque tous les matériaux.
Le rêve autrefois séduisant de la métallurgie par extrusion a perdu de sa superbe au moment où les makers ont réalisé une chose cruciale. L’imprimante elle-même n’était que la partie émergée d’un immense iceberg de post-traitement, rythmé par des produits chimiques agressifs de déliantage ou des sous-traitances coûteuses. Pourtant, alors même que l’industrie semble avoir jeté l’éponge concernant l’impression 3D grand public de filaments d’acier inoxydable, une nouvelle campagne Kickstarter à haute température tente de relancer ce marché.
Il y a cinq ans, Ümit Coşkun n’était qu’un ingénieur avec un rêve. Aujourd’hui, il poursuit un projet ambitieux d’impression 3D de bureau en lançant la Kare S1 (environ 2 200 €) sur Kickstarter. Il s’agit d’une machine FDM qui, selon lui, dispose d’un hotend de 550 °C et peut imprimer en 3D avec des matériaux de qualité ingénierie, y compris du filament métallique.
Kare 3D est le fruit de cette ambition de longue date : une plateforme de fabrication de bureau conçue pour rendre l’impression avancée de polymères et de métaux plus accessible.
Il s’agit d’une vision d’ingénierie séduisante. Cependant, la campagne arrive à un moment où l’enthousiasme pour l’impression de filaments métalliques sur machine de bureau semble s’être refroidi. L’extrusion de métal lié reste intéressante sur le plan technique. Mais la nécessité du déliantage, du frittage, de la compensation du retrait et d’équipements de post-traitement onéreux a limité son attrait au-delà des utilisateurs experts.

Coşkun espère obtenir un financement sur Kickstarter pour donner vie à deux imprimantes. La Kare S1 propose un volume de construction de 200 x 200 x 200 mm et coûte environ 2 200 €, ou 1 650 € pour les premiers contributeurs (early birds). Plus haute, la S1 Plus offre un volume de construction de 200 x 200 x 480 mm. Son tarif est de environ 2 850 €, avec un prix pour les premiers contributeurs de 2 200 €.
Kare 3D affirme que les deux machines disposent d’un plateau chauffant à 150 °C et d’une chambre fermée à chauffage actif pouvant maintenir des températures allant jusqu’à 150 °C. L’entreprise annonce également des vitesses d’impression pouvant atteindre 500 mm/s.
La température annoncée de 550 °C pour le hotend est exceptionnellement élevée pour une imprimante FDM de bureau. Elle dépasse les exigences des filaments de métal lié courants et même de la plupart des impressions en PEEK. Cela pourrait offrir une marge de manœuvre pour de futurs matériaux. Toutefois, Kare 3D n’a identifié aucun filament actuellement pris en charge qui nécessiterait une telle plage de température.
Les autres caractéristiques mentionnées comprennent un extrudeur direct drive Orbiter, un écran tactile de 4,3 pouces, une connectivité Wi-Fi, une surveillance à distance et la compatibilité avec Kare Slicer, Cura et Simplify3D.
Kare 3D propose un pack S1 Plus comprenant une station de lavage et un four de frittage tiers pour environ 13 160 €, ou 9 200 € pour les premiers contributeurs. Notez cependant que l’imprimante n’est pas incluse dans ce pack d’accessoires.
Ce prix met en lumière le principal défi de l’extrusion de métal de bureau. L’imprimante elle-même peut être relativement abordable, mais le flux de travail complet est beaucoup plus coûteux et complexe, comme l’ont constaté des entreprises telles qu’UltiMaker, Raise3D et BCN3D. Les utilisateurs doivent prendre en compte le coût des matériaux, les profils de four, la ventilation, la sécurité des processus et le risque de défaillance des pièces lors du déliantage ou du frittage. En alternative, il y a le coût et le temps supplémentaires liés à l’envoi des pièces à un prestataire tiers pour le post-traitement.
La campagne ne précise pas encore les matières premières métalliques ou les alliages spécifiques pris en charge, même si BASF (désormais Forward AM) et Zetamix soient mentionnés sur un graphique. Elle manque également de données concernant la densité finale, la précision dimensionnelle, la propriété mécanique, la compensation du retrait et la compatibilité avec des matériaux tiers.
Kare 3D affirme avoir terminé la phase de prototype et cherche à lever des fonds pour lancer la production et la distribution internationale.
L’objectif de Coşkun est compréhensible : combiner l’impression de polymères haute température et la fabrication de métal lié sur une seule plateforme de bureau. Il y a quelques années, cette proposition aurait pu attirer une attention plus large. Aujourd’hui, pourtant, Kare 3D pourrait faire face à une tâche plus ardue que de simplement prouver le bon fonctionnement de son imprimante. L’entreprise doit également démontrer qu’il y a encore suffisamment de clients qui souhaitent ce flux de travail. De plus, elle doit prouver que son système peut rendre l’impression métallique plus fiable, économique ou pratique que les alternatives existantes, telles que la sous-traitance auprès de services d’impression 3D utilisant des processus industriels.
Note de la rédaction – Cet article présente une campagne de crowdfunding Kickstarter. Kickstarter n'est pas un magasin ; les campagnes n'ont aucune obligation légale de tenir les promesses du crowdfunding, ni d'offrir des remboursements pour les récompenses non obtenues. Pour en savoir plus, lisez notre article 8 Things to Watch for When Backing a 3D Printing Kickstarter.
Licence : Le texte de l'article "Impression 3D métal de bureau : ce projet Kickstarter veut sauver la tendance du filament métallique" écrit par All3DP est publié sous la licence Creative Commons Attribution 4.0 International (CC BY 4.0).