Vous détectez des contrefaçons de vos créations exclusives MakerWorld ? Le programme de protection des droits d’auteur vous accompagne en proposant un système centralisé de signalement et d’assistance. Lancé en bêta fermée dans le cadre du programme d’exclusivité, il s’ouvre progressivement à d’autres utilisateurs exclusifs.
Ce n’est un secret pour personne : le droit d’auteur dans le domaine de l’impression 3D est un véritable bazar. Vous créez et partagez du contenu, vous signalez votre intention par une licence sur ce contenu, et celui-ci se retrouve de toute façon sur Temu ou Etsy, vendu par quelqu’un qui se fait rapidement de l’argent sur votre brillante idée. Sans oublier que pour de nombreux fabricants d’imprimantes 3D, proposer des bibliothèques de modèles 3D et de choses à faire avec votre imprimante 3D est devenu un élément essentiel de l’activité. Les strucures mises en place vous encouragent à mettre en ligne du contenu de haute qualité et à être récompensé pour cela, mais le contenu finit souvent par être volé. Que peut faire une plateforme ?
« L’union fait la force ! ». C’est comme ça que l’on pourrait résumer le nouveau programme de protection des droits d’auteur des créateurs de MakerWorld. Conçu pour faire face à la situation dans laquelle des modèles exclusifs sont appropriés et exploités au maximum par des pirates sans scrupules, le système de signalement de MakerWorld, allié à un réseau croissant de « partenaires internationaux » (actuellement répertoriés comme CopyrightShark et FirstBrave, deux agences de protection de la propriété intellectuelle basées respectivement aux États-Unis et en Chine) se préparent à prendre en charge une partie du travail de suppression de contenu en votre nom.
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Nous avons eu un aperçu de ce système à la fin de l’année dernière, lorsque MakerWorld a annoncé qu’il intentait une action en justice contre d’autres bibliothèques de modèles. Lancé initialement dans une version bêta sous licence, le Creator Copyright Program reste l’un des principaux avantages du programme d’exclusivité global de MakerWorld. Un billet publié sur le blog de MakerWorld annonce aujourd’hui que le programme s’ouvrira progressivement à un plus grand nombre d’utilisateurs ayant opté pour le programme d’exclusivité de la plateforme.
Le dépôt d’une demande de protection de modèle s’effectue via le profil utilisateur de MakerWorld et n’est accessible qu’aux personnes ayant adhéré au programme d’exclusivité de MakerWorld. L’initiative est encore en phase bêta, et seuls les utilisateurs ayant plus de 300 followers sur la plateforme peuvent l’utiliser pour le moment. Le billet de blog suggère une approche lente et discrète au fur et à mesure que le système se développe, avec un accès au programme étendu petit à petit. Les utilisateurs enregistrés peuvent demander des protections sur leurs modèles exclusifs jusqu’à 10 fois par semaine.
Si vous êtes inscrit au programme de droits d’auteur des créateurs et que vous demandez de l’aide pour revendiquer des droits d’auteur, vous devrez fournir des informations supplémentaires, notamment des données personnelles ainsi que la preuve que vous possédez effectivement le modèle en question. Il existe un tableau de bord pour les réclamations ouvertes et en cours, avec des zones pour soumettre des preuves et de la documentation, dont la nature a été décrite en détail par MakerWorld.
Il n’a pas été spécifié exactement quelles plateformes MakerWorld surveillera pour vous. Interrogée à ce sujet, l’entreprise n’a pas souhaité s’exprimer. Même si les exemples cités et dépeints dans l’article montrent Etsy et CraftsMM, nous pouvons en déduire qu’elle ne se contentera pas juste de surveiller de simples bibliothèques de modèles 3D. La publication explique que MakerWorld étend ses efforts pour travailler avec davantage de partenaires à l’échelle mondiale et surveiller « d’autres modèles et plateformes ».
Au-delà des détails, il est important de comprendre ce qu’est le programme (et ce qu’il n’est pas). Dans la FAQ de l’initiative, MakerWorld précise que la première étape consiste toujours à signaler les infractions directement aux plateformes sur lesquelles vous les avez constatées. Selon l’entreprise, la participation au programme augmente les chances de réussite du retrait, probablement grâce à la pression externe exercée par des agences déjà expérimentées dans le traitement de ce type de réclamation.
Le programme sur le droit d’auteur des créateurs ne résout pas le problème historique de l’utilisation abusive des contenus générés par les utilisateurs : les contenus seront toujours piratés. Mais il renforce l’incitation à la loyauté envers la plateforme en offrant l’avantage d’avoir la « maison-mère » de son côté lorsqu’il s’agit de retirer quelque chose. En tant qu’organisation, MakerWorld a plus d’yeux et d’oreilles pour identifier les contenus illicites, les signaler pour vous et procéder à leur retrait. Néanmoins, l’adhésion au programme a un « coût » : vos modèles sont soumis à des licences nécessairement plus restrictives.
Mais gérer cette nouvelle initiative uniquement pour un sous-ensemble de sa base d’utilisateurs a un coût pour l’entreprise également, un fait que MakerWorld aborde dans sa FAQ. Heureusement pour les créateurs, le fabricant le prend à sa charge pour le moment. Cela dit, elle a déjà fait savoir qu’elle se réservait le droit de modifier les tarifs et de facturer les services hors champ à l’avenir.
Et lorsque les réclamations deviennent plus complexes et qu’il peut s’avérer nécessaire de faire appel à des avocats, « il est recommandé de consulter un avocat qualifié ». Il ne semble pas que MakerWorld va porter l’affaire devant les tribunaux pour vous si vous en arrivez là, mais il contribuera à éliminer les infractions pénibles qui peuvent être résolues simplement par des notifications telles que les DMCA (Digital Millennium Copyright Act, mise en demeure de supprimer un contenu qui enfreint le droit d’auteur aux USA).
Cette approche contraste avec d’autres initiatives récentes. À la fin de l’année dernière, Prusa Research a présenté sa licence OCL, une mesure visant à améliorer la capacité des créateurs à protéger leur travail en modifiant la nature de l’accès au fichier lui-même. Cet effort ne visait pas tant à renforcer leur écosystème fermé qu’à soutenir les utilisateurs dans des problèmes juridiques plus compliqués lorsqu’ils utilisent des fichiers à mauvais escient.
Licence : Le texte de l'article "MakerWorld étend son programme de protection des droits d’auteur à davantage d’utilisateurs" écrit par All3DP est publié sous la licence Creative Commons Attribution 4.0 International (CC BY 4.0).