Vous avez envie d'impressions multicolores sans avoir d'imprimante 3D multicolore ? Peignez-les ! Consultez notre guide complet pour peindre le PLA.
Vous avez déniché le parfait modèle à imprimer et votre imprimante 3D a fait du très bon travail, mais ce n’est pas encore tout à fait ça… Les impressions en provenance directe du plateau sont rarement prêtes à être exposées à la vue de tous. Heureusement, elles sont relativement faciles à peindre. Certes, de nos jours, il y a prolifération d’imprimantes 3D multicolores — Bambu Lab peut imprimer jusqu’à 24 couleurs sur une seule impression —, mais la peinture offre plus de couleur, plus de finesse dans les détails, et peindre des modèles est un passe-temps en soi.
Cependant, peindre vos impressions 3D n’est pas aussi simple que d’appliquer une couche de peinture sur votre modèle fraîchement imprimé, en grande partie à cause des plastiques utilisés. Si vous avez l’habitude de peindre des maquettes d’avion, il vous reste des choses à apprendre avec la peinture de modèles 3D. Il faut une phase de préparation plus laborieuse de ponçage, de bouchage et d’apprêt pour dissimuler les lignes de couche et s’assurer que la peinture adhère correctement.
Si vous prévoyez de peindre vos pièces et que vous vous demandez quel filament utiliser, le PLA est le plus facile à peindre, et le PLA en fibre de carbone est encore plus facile. Dans ce guide, nous expliquons toutes les étapes qui vous permettront de peindre vos impressions 3D en PLA, du lissage au processus de peinture proprement dit, mais ces conseils valent également pour d’autres matériaux, tels que le PLA en fibre de carbone, l’ABS et l’ASA.
Et maintenant, place à la créativité !
Avant de vous lancer dans la peinture de votre modèle imprimé en 3D, vous devez préparer la surface. Le secret d’une finition d’aspect professionnel ne réside pas seulement dans la peinture elle-même, mais dans la préparation du modèle. La première étape consiste à éliminer les défauts, puis il y a le ponçage, du ponçage, et encore du ponçage. Voici comment s’y prendre :
Cette première étape consiste à éliminer les imperfections les plus grossières sur votre impression, par exemple les bouts de support qui dépassent encore, avant de passer au ponçage en tant que tel.
Pour cette étape, vous pourrez vous armer des outils suivants :
Il s’agit d’éliminer tout ce qui dépasse pour s’assurer que l’impression est bien propre et nette. Vous pouvez arracher les restes de support avec vos mains ou bien vous aider d’un cutter, comme vous préférez. L’important, c’est d’obtenir un objet sans protubérance. Et quelle que soit votre manière de retirer les supports, soyez prudents ! Entre la lame du cutter et les fragments qui volent de partout, ce serait bête de se blesser.
Par nature, les impressions PLA ont des lignes de couche visibles. Pour une peinture de haute qualité, celles-ci doivent être lissées. N’espérez pas dissimuler les lignes de couche sous plusieurs couches de peinture.
Commencez par un papier de verre de faible grain (environ 120-220) pour éliminer les lignes les plus saillantes, puis passez progressivement à des grains plus fins (400, 600 et même plus) pour obtenir une surface polie. Le papier de verre est d’autant plus fin que le nombre de grains est élevé.
Appliquez des mouvements circulaires pour éviter de rayer la surface, en apportant un soin particulier aux côtés. Évitez les arêtes, les coins, et les petits détails minutieux. Le grain 120 peut être trop fort pour les petits détails.
Le ponçage permet de lisser les défauts et peut s’avérer assez chronophage selon la taille de votre impression ou la finition visée. Poncez les marques laissées par le retrait des supports, et les traces de lime ou d’outils.
Passez d’un grain à l’autre en fonction des particularités de l’objet. Au-delà du grain 200, pensez à utiliser de l’eau pour poncer, cela vous permettra d’obtenir une meilleure finition. Pendant le ponçage, touchez régulièrement la surface de l’impression pour vous faire une idée de sa douceur. Une fois que vous avez obtenu le degré de lissage recherché, utilisez de l’eau et une brosse pour éliminer les derniers résidus. Pour finir, laisser sécher l’impression avant de passer aux étapes suivantes.
Consultez notre guide pour débutants sur le lissage du PLA si vous souhaitez entrer dans les détails précis de ce processus.
Si vous souhaitez éviter le ponçage et passer directement à l’étape de la peinture, imprimez en PLA en fibre de carbone. Le principal avantage est que le PLA-CF a une « texture » naturelle. C’est un terme que les peintres utilisent pour décrire une surface qui n’est pas parfaitement lisse, donnant à l’apprêt et à la peinture une surface sur laquelle s’accrocher physiquement. Les fibres de carbone intégrées créent une surface mate microtexturée légèrement rugueuse. Cette texture agit comme un apprêt intégré, favorisant une forte adhérence pour les couches suivantes d’apprêt et de peinture.
Une couche d’apprêt (ou une sous-couche) donnera à votre impression 3D un aspect vraiment professionnel, en plus de faciliter l’application de la peinture pour un fini impeccable. Cela aide non seulement à cacher tous les défauts, surtout lorsque vous visez un objet quasi parfait, mais cela aide aussi la peinture à s’accrocher au modèle.
Si vous avez eu pour hobby de peindre des maquettes, la peinture semble coller facilement sur celles-ci. C’est parce que la plupart d’entre elles sont fabriquées à partir d’un plastique appelé polystyrène choc (HIPS). Le plastique fonctionne très bien avec les solvants présents dans de nombreux apprêts et peintures, ce qui permet à la peinture de « s’accrocher » au plastique, ce qui crée un lien fort. Cela ne se produit pas aussi facilement avec le PLA, un apprêt de bonne qualité est donc absolument essentiel pour empêcher que la peinture s’écaille ou se décolle facilement.
Vous pouvez utiliser un apprêt pour maquette ou chercher un apprêt de remplissage, que l’on trouve souvent dans la section automobile des magasins, comme la sous-couche plastique en bombe aérosol de Rust-Oleum. En ce qui nous concerne, nous avons une préférence pour l’apprêt en spray, car cette méthode permet de couvrir rapidement toute la surface de manière uniforme. Quand aux apprêts au pinceau, ils conviendront mieux aux petites retouches.
Laissez sécher l’apprêt avant d’ajouter des couches supplémentaires si nécessaire. En général, deux couches suffisent pour obtenir une surface propre.
Les deux premières couches doivent être très légères, puisqu’elles ne doivent servir qu’à améliorer l’adhérence des couches suivantes. Notez que certaines personnes se contentent de l’apprêt, sans couche de peinture supplémentaire, car il suffit déjà à lui seul à offrir une belle finition.
Après votre dernière couche d’apprêt, votre pièce est prête à être peinte.
Une fois votre modèle correctement apprêté, vous pouvez passer à la peinture. Même si on peut utiliser des peintures acryliques, des vernis et des laques sur le PLA, lisez bien l’étiquette pour éviter les solvants particuliers utilisés dans certaines peintures. Évitez toute peinture ou tout revêtement, en particulier certaines peintures en aérosol, qui répertorient l’acétone comme solvant principal, car elle peut endommager le PLA.
Selon les solvants qu’elles contiennent, toutes les peintures n’appartiennent pas à la même catégorie. Les plus courantes sont les peintures à l’huile, les vernis, les laques et les acryliques, qui pour la plupart fonctionnent bien avec le PLA. Si vous débutez, nous vous conseillons la peinture à l’acrylique, qui sèche vite, qui est disponible dans une vaste gamme de couleurs et de finitions et qui se nettoie bien à l’eau.
Et vous allez aussi devoir choisir votre outil entre le pistolet, le pinceau et la bombe de peinture en spray. Le pinceau reste l’option la moins chère, mais il faut des doigts de fée pour obtenir une couche régulière de peinture, sans parler des petites bulles, accrocs, ou taches qui peuvent apparaître. Le pistolet à peinture, quant à lui, coûte cher et n’est pas évident à manipuler pour le premier venu.
Il nous reste enfin les peintures en spray, qui ont l’avantage d’être à la fois faciles à utiliser et peu onéreuses.
Les vernis sont des peintures à base de solvants qui offrent une finition plus dure et plus résistante une fois durcis. Ils constituent une excellente option pour les modèles susceptibles d’être manipulés plus fréquemment, ou bien pour obtenir un look très brillant. Bien qu’ils soient durables, excellents pour les finitions brillantes et qu’ils adhèrent bien, ils présentent certains inconvénients. Ils dégagent une forte odeur, nécessitent des essences minérales ou des diluants spécifiques pour le nettoyage, et ils mettent plus de temps à sécher.
Une fois que vous aurez suffisamment progressé dans la peinture de modèles pour investir dans un aérographe, vous passerez probablement aux laques. Elles sont elles aussi à base de solvant et offrent les temps de séchage les plus rapides et une finition très durable. Alors que les laques de loisir ont des solvants compatibles avec le PLA (des marques telles que Tamiya et Mr. Color), les laques industrielles peuvent contenir des solvants qui abîmeront le PLA. Évitez le dichlorométhane (DCM), le tétrahydrofurane (THF) et l’acétate d’éthyle dans toutes les peintures laquées.
Les laques sont très prisées chez les modélisateurs avancés, en particulier pour l’aérographe, car leur consistance fine est excellente pour préserver les petits détails de surface. Les émanations de ces peintures sont particulièrement fortes (il faut porter un masque et s’assurer d’une excellente ventilation), et elles peuvent potentiellement endommager le plastique si elles sont appliquées trop fortement sans une bonne protection d’apprêt.
Attention : si vous n’êtes pas sûr d’un type ou d’une marque de peinture en particulier, testez-la d’abord sur une impression défectueuse ou un bout de PLA mis au rebut. Vaporisez ou appliquez-en une petite quantité et voyez comment le plastique réagit au bout de quelques heures.
Alors que les pinceaux et les peintures en aérosol (ou aérographe) sont les compagnons ordinaires de la peinture sur modèles, le marqueur peinture est idéal pour le confort, le contrôle et la simplicité. Les marqueurs ne se substituent pas nécessairement aux autres méthodes, mais constituent d’excellents outils complémentaires pour des tâches spécifiques, telles que le détail avec un marqueur peinture métallique ou de petites lettres ou symboles faits à la main. Et ce qui est bien, c’est qu’on ne peut pas renverser de marqueur peinture !
Si vous utilisez des marqueurs, vous ne pouvez pas faire l’impasse sur l’étape de la couche d’apprêt. La couleur peut tacher les impressions PLA brutes.
Même si les marqueurs à base d’alcool peuvent faire l’affaire avec un travail de préparation approprié, les marqueurs de peinture acryliques sont une option nettement préférable et bien plus facile pour le PLA. Des marques comme Posca, Gundam Marker, Liquitex et même Sharpie (à savoir les marqueurs de peinture à base d’huile et les nouveaux marqueurs créatifs acryliques à base d’eau de cette société, et non les marqueurs Sharpie standard).
Une fois l’apprêt parfaitement sec, vous pouvez colorer votre modèle. Vous constaterez que les marqueurs se comportent beaucoup plus comme ils le feraient sur du papier à dessin. La couleur sera plus vive, les lignes seront plus nettes et vous pourrez même mélanger les couleurs efficacement.
Comme l’encre est toujours sujette aux taches ou à l’usure au fil du temps, il est essentiel de protéger votre travail avec une couche transparente, par exemple une couche acrylique transparente en aérosol. Appliquez plusieurs fines couches uniformes, en respectant bien le temps de séchage de chacune avant d’appliquer la suivante. Cela protégera l’encre et donnera à votre modèle un aspect professionnel et fini.
À ce stade, vous devriez avoir une bonne idée de la finition que vous essayez d’obtenir. Pour le reste, l’étape de la peinture est assez similaire à celle de l’apprêt.
Vous aurez besoin des outils suivants :
Laissez la peinture sécher toute la nuit et nettoyez la pièce le lendemain à l’aide d’un chiffon.
Voici quelques remarques supplémentaires à garder en tête :
Bien que le PLA soit le plastique le plus facile à peindre pour l’impression 3D, si vous avez besoin d’une pièce plus robuste, optez pour l’ASA ou l’ABS, qui sont tout aussi faciles à peindre, mais un peu plus difficiles à imprimer.
Si vos pièces sont imprimées en PETG ou en nylon, vous allez avoir du mal à les peindre, mais cela n’a rien d’impossible.
Le PETG est connu pour sa résistance chimique et sa surface lisse, ce qui fait que la peinture a du mal à coller. Peindre du plastique nécessite un ponçage très poussé pour créer une surface rugueuse sur laquelle la peinture va pouvoir s’accrocher. Un apprêt standard ne suffira pas forcément ; vous aurez souvent besoin d’un promoteur d’adhérence spécialisé ou d’un apprêt conçu spécifiquement pour les plastiques afin de vous assurer que la peinture ne finira pas par se décoller ou s’écailler.
Le nylon combine plusieurs propriétés qui le rendent très résistant à la peinture : il est lisse, flexible et hygroscopique, ce qui signifie qu’il absorbe activement l’humidité de l’air. Avant de la peindre, il faut complètement déshydrater la pièce imprimée (souvent en la cuisant au four). Même après le ponçage, il faut un promoteur d’adhérence spécialisé pour que tout colle de manière fiable.
Pour colorer les pièces en nylon, la teinture est souvent une solution beaucoup plus efficace et durable que la peinture. Faire teindre des pièces en nylon fait partie des services d’impression 3D.
Licence : Le texte de l'article "Peindre le PLA : secrets, trucs et astuces pour peindre vos impressions 3D" écrit par All3DP est publié sous la licence Creative Commons Attribution 4.0 International (CC BY 4.0).