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Prise en main

Bambu Lab H3C à l’essai : l’imprimante la plus aboutie de la marque

Photo deMatthew Mensley
Par Matthew Mensley, Carolyn Schwaar
Publié le 3 nov. 2026

La H3C de Bambu Lab réunit neuf PrintTools interchangeables, un système de gestion des filaments intégré et la prise en charge du TPU ultra-souple.

  • La H3C est une imprimante à changeur d’outils dotée de neuf outils et d’un nouvel AMS 3H, qui loge l’ensemble des bobines chargées de les alimenter.
  • Disponible dès aujourd’hui sur la boutique en ligne de Bambu Lab, la H3C est proposée à partir de 2 499 € dans sa version H3C AMS Combo.
  • L’avis d’All3DP : la H3C est le lancement le plus abouti de Bambu Lab à ce jour.
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Bambu Lab mise tout sur le changement d’outils, et ne fait pas les choses à moitié. Sa nouvelle H3C (2 499 €) est la première de ce que la marque présente comme sa troisième génération d’imprimantes. Elle embarque neuf « PrintTools » interchangeables et un système dédié à l’impression de matériaux flexibles ultra-souples. Elle reprend aussi la capacité de la série H2 à alterner entre l’impression 3D et d’autres procédés de fabrication.

Dans le laboratoire d’All3DP, la nouvelle Bambu Lab H3C dépasse légèrement la Bambu Lab H2C posée à côté. Mais pour atteindre les bobines, il vous faudra un escabeau si, comme nous, vous travaillez sur un établi (Source : All3DP)

Cela fait maintenant plusieurs semaines que nous avons la H3C entre les mains. Les imprimantes 3D à changeur d’outils n’ont rien de nouveau : Prusa, Snapmaker et Flashforge ont déjà démontré l’intérêt de répartir les matériaux dans des têtes d’outil séparées. L’approche de Bambu Lab, elle, repose sur un système étroitement intégré, qui facilite les projets multimatériaux et multiprocédés plus complexes.

Au cœur de la H3C se trouve Swaptek, un système de changement d’outils qui dote chaque PrintTool de son propre chemin de filament, de son élément chauffant et de sa connexion électrique. La machine anticipe les prochains changements d’outils et préchauffe la buse suivante pendant que la buse active imprime encore. Selon Bambu Lab, elle peut ainsi reprendre l’extrusion avec un autre matériau en moins de six secondes.

C’est peut-être vrai pour le temps nécessaire à ranger un outil et à en saisir un autre. Mais la H3C imprime une tour de purge à côté des modèles multicolores et multimatériaux, ce qui porte la durée totale du changement à plus de dix secondes. Sur une impression multicolore avec un seul type de matériau, nous avons chronométré des changements d’environ 14 secondes en moyenne. C’est légèrement plus rapide que les changeurs d’outils de Snapmaker et de Flashforge, mais plus lent que la Prusa XL ou la Core One équipée de l’INDX.

Mais ne vous y trompez pas : la H3C est rapide. Extrêmement rapide. Selon Bambu Lab, l’allègement du système de mouvement a permis de pousser l’accélération à 25 000 mm/s² et la vitesse d’impression maximale à 1 400 mm/s. Les déplacements de la H3C sont plus rapides que ce que l’œil peut percevoir. Sans les phases d’accélération et de décélération, on croirait que la tête d’impression se téléporte d’un point à l’autre. Bref, ça décoiffe.

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Le changement d’outils selon Bambu Lab : une approche réfléchie

Sur la Core One, l’implémentation de l’INDX par Prusa repose sur un rack fixe pour les têtes d’outil. Swaptek utilise au contraire un rack rétractable qui ajuste sa position verticale lors de la prise d’outil. Selon Bambu, cela améliore l’alignement et la régularité des outils, tout en éloignant les tubes de filament de la zone d’impression active. Résultat : moins de risques de vibrations et d’interférences. Le système offre aussi une vue plus dégagée sur l’impression.

Avec Swaptek, vous pouvez aussi combiner différents diamètres de buse dans une même impression : des buses plus fines pour les détails, des buses plus larges pour le reste. En revanche, si vous espériez une compatibilité entre la H2C et la H3C, c’est raté.

La H3C utilise (encore) un nouveau type de buse. Celle-ci n’est pas à induction comme sur la H2C et, contrairement à presque tout ce que la marque a sorti depuis l’A1 Mini, elle ne se remplace pas rapidement. Les buses sont des éléments distincts du bloc outil et peuvent être changées. Trois petites vis les maintiennent en place.

Visiblement, Bambu Lab estime que neuf buses disponibles suffisent largement pour couvrir la plupart des besoins d’impression. Changer le matériel devrait donc rester exceptionnel.

Sous le capot de l’AMS 3H

Coup d’œil sous le capot du nouveau changeur de matériaux AMS 3H (Source : All3DP)

Sur la H2C, toutes les buses d’une impression sauf une, sur les sept possibles, étaient alimentées par un seul chemin de filament relié aux modules AMS. La H3C, elle, peut accueillir les neuf bobines dans le nouvel AMS 3H. Chaque outil dispose désormais de son propre chemin de filament. En contrepartie, la flexibilité est moindre lorsqu’un matériau doit être imprimé avec des buses de différents diamètres. Bambu Lab précise que la H2C restera disponible pour les utilisateurs qui privilégient cette polyvalence plutôt que la vitesse de changement.

En réalité, la moitié de l’histoire se joue dans l’imposant AMS 3H, fixé à demeure sur le dessus de la H3C. Les neuf bobines qui alimentent les têtes d’outil de la H3C y trouvent toutes leur place, à l’abri dans un boîtier hermétique. C’est une évolution majeure par rapport aux précédentes générations d’AMS en forme de boîte.

Seules deux bobines peuvent être séchées activement en même temps dans le 3H. Selon Bambu Lab, ce choix permet de trouver le bon équilibre entre performances de séchage, sécurité, coût du matériel et facilité d’utilisation au quotidien. Si vous devez imprimer avec plus de neuf bobines, la H3C accepte des modules AMS externes via un Buffer optionnel relié au PrintTool n° 5. Tous les modules AMS externes passent par ce seul PrintTool. Il est possible d’en connecter jusqu’à quatre, pour imprimer jusqu’à 24 couleurs.

Pour le lancement, Bambu Lab ne propose qu’une seule configuration, la H3C AMS Combo. Elle comprend huit PrintTools de 0,4 mm pour filament de 1,75 mm et un neuvième outil de 0,4 mm doté d’un chemin dédié au filament de 2,85 mm. Tous sont équipés de buses en acier trempé. Le filament de 2,85 mm doit passer par une alimentation en bypass à l’intérieur de l’AMS 3H, et non par le système d’alimentation habituel de l’AMS. De même, les autres filaments flexibles peuvent être introduits directement dans la chambre via des ports de bypass dédiés, présents sur sept des neuf emplacements.

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Filaments flexibles : une impression mieux pensée

À gauche, la vision de Bambu Lab de chaussures réellement portables imprimées en filaments flexibles ; à droite, la chaussure portable et multifilament d’All3DP (Source : All3DP)

Sur les machines de la série H2, il fallait bricoler un emplacement pour les filaments flexibles souples quelque part près de l’imprimante. La H3C, elle, semble avoir été conçue précisément pour répondre à ce besoin. Pour les filaments flexibles, y compris le nouveau 70A souple en 2,85 mm, des ports de bypass font descendre le filament directement dans la chambre située en dessous.

Même les têtes d’outil ont été pensées pour améliorer l’expérience. Elles disposent de boucles de guidage pour tenir les filaments flexibles à l’écart et éviter qu’ils ne s’emmêlent. Un emplacement permet aussi de ranger à l’écart le tube de guidage pour filament de 1,75 mm, inutile dans ce cas.

Bambu Lab a clairement mis l’accent sur la capacité de l’imprimante à gérer les filaments flexibles. Mais au lieu de simplement rendre la chose possible, la marque a pris le problème à bras-le-corps. Elle a opté pour une solution qui était là, sous nos yeux, depuis le début : utiliser un filament de plus gros diamètre.

« Imprimer des matériaux flexibles n’est plus un casse-tête », affirme Bambu Lab. Une avancée potentiellement importante pour des applications comme les chaussures, les accessoires portables et les objets qui associent parties souples et rigides.

Le retour du filament de 2,85 mm. Avec un diamètre plus important, il faut moins pousser pour amener davantage de plastique jusqu’au hotend, où il est fondu (Source : All3DP)

Plusieurs initiatives ont tenté d’imposer de nouveaux diamètres. Mais le 2,85 mm, presque tombé en désuétude, fait parfaitement l’affaire et s’apprête à faire son retour. Je le prédis dès maintenant : d’autres fabricants suivront Bambu Lab sur ce terrain. Un filament de plus gros diamètre demande moins de poussée pour amener davantage de plastique jusqu’au hotend. C’est une solution astucieuse qui distingue la nouvelle machine de Bambu Lab. Et pour l’avoir vue imprimer des pièces flexibles à une vitesse impressionnante, nous savons que ça fonctionne.

Si les filaments flexibles s’impriment aussi bien, c’est en partie parce que Swaptek adopte une approche différente pour saisir le filament. Son extrudeur FlexFeed prend en charge aussi bien le filament standard de 1,75 mm que le filament plus épais de 2,85 mm. Il utilise un moteur dédié pour ajuster activement la pression exercée sur le matériau.

À l’approche du lancement, Bambu Lab a pris soin de détailler les différences avec le système INDX de Bondtech. Peut-être une façon de couper court à toute accusation de copie. Malgré la forme des outils et le chemin de filament apparent, ce que font ces outils et leur fonctionnement semblent suffisamment distincts pour qu’une telle critique soit infondée. L’INDX utilise astucieusement un seul moteur d’extrusion pour verrouiller l’outil et extruder le filament. Il ajuste dynamiquement sa tension en fonction de la résistance du filament. Le FlexFeed de Bambu Lab, lui, semble plus simple. Les similitudes sautent certes aux yeux. Mais un chemin de filament apparent, avec un extrudeur qui vient se glisser latéralement pour saisir le matériau, ne peut pas vraiment ressembler à autre chose.

Plus de filaments, des couleurs à l’infini

Cette impression, avec ses différentes nuances de bleu et de rose, n’a nécessité que trois filaments sur la H3C (Source : All3DP, modèle : « Melting Lollipop » de DigChaos)

Bambu Lab met en avant la capacité de la H3C à réaliser des mélanges de couleurs, une fonction du slicer ajoutée en avril dernier avec le lancement de la X2D. Le nouveau filament PLA Palette de la marque est exactement le type de matériau semi-translucide qu’il vous faut. Nous en avons imprimé quelques pièces, et les résultats sont assez spectaculaires. Avec ses neuf filaments, la H3C couvre largement le spectre CMYKW (cyan, magenta, jaune, noir et blanc). Vous pouvez ainsi imprimer avec un très grand nombre de couleurs virtuelles.

« Comme Swaptek réduit le temps de changement de couleur à une fraction de ce qu’il était, le mélange de couleurs devient une fonction que vous pouvez utiliser librement, plutôt qu’une contrainte à anticiper », explique la marque.

Les ambitions de la marque vont au-delà de l’extrusion. Les CraftTools optionnels reposent sur le même mécanisme d’échange pour automatiser des opérations comme la découpe à la lame, le dessin et le marquage en creux (debossing). Comme la série H2 avant elle, la H3C tire parti de cette polyvalence entre différents savoir-faire. Elle se place ainsi en bonne position pour les projets qui nécessiteraient sinon plusieurs machines ou des étapes de finition distinctes.

Caractéristiques et surprises

Côté imprimante, la H3C offre un généreux volume d’impression de 330 × 320 × 325 mm, une température de buse maximale de 350 °C et un plateau chauffant à 120 °C. Toutes ces caractéristiques sont identiques à celles de la H2C, et vos plateaux de H2S et de H2D sont compatibles. S’y ajoute une chambre à chauffage actif qui atteint 65 °C. Sur le papier, c’est donc une plateforme capable de gérer aussi bien les filaments techniques que les matériaux du quotidien.

Bambu Lab lance également un système de filtration d’air autonome et optionnel, l’E1 Air Purifier. Il se place à côté de l’imprimante et se raccorde vraisemblablement à la sortie d’évacuation située à l’arrière de l’AMS. Les détails sur cet accessoire restent rares, mais il vient s’ajouter au filtre HEPA H11 et au filtre à charbon actif dont l’imprimante est déjà équipée.

Les packs de l’imprimante peuvent aussi inclure une nouvelle base sur roulettes, la Bambu Station. La H3C étant haute, pouvoir l’installer plus bas, sur un chariot de rangement mobile, prend tout son sens.

Avec la H3C, Bambu Lab semble vouloir emmener le changement d’outils au-delà de la simple impression multicolore. L’idée : réunir flexibilité des matériaux et procédés de fabrication automatisés dans une seule machine.

D’après nos premières semaines d’utilisation, l’imprimante est largement à la hauteur des attentes. Dans les semaines à venir, nous publierons un test plus approfondi de cette machine et de ses capacités.

La Bambu Lab H3C (2 499 €) est disponible dès maintenant sur la boutique en ligne de Bambu Lab.

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Caractéristiques techniques de la Bambu Lab H3C

Caractéristique Détails
Volume d’impression (L × I × H) 330 × 320 × 325 mm
Système de changement d’outils Bambu Lab Swaptek avec 9 outils
PrintTools inclus 8 × 0,4 mm pour filament de 1,75 mm ; 1 × 0,4 mm pour filament de 2,85 mm
Matériau de la buse Acier trempé (HRC 55+)
Diamètres de buse compatibles 0,2, 0,4, 0,6, 0,8 mm
Diamètres de filament compatibles 1,75 mm ; 2,85 mm uniquement via l’alimentation en bypass
Température maximale de la buse 350 °C
Plateau d’impression Plaque en acier flexible avec surface PEI texturée
Température maximale du plateau 120 °C
Chauffage actif de la chambre Oui ; jusqu’à 65 °C
Vitesse maximale de la tête d’outil 1 400 mm/s
Accélération maximale de la tête d’outil 25 000 mm/s²
Débit maximal du hotend 40 mm³/s (conditions de test spécifiées avec de l’ABS)
Caméras Caméra de visualisation en direct et caméra de tête d’outil intégrées (toutes deux en 1920 × 1080) ; caméra vue de dessus optionnelle (3264 × 2448)
Filtration de l’air Filtre HEPA H11 et charbon actif granulé issu de coques de noix de coco
Réseau sans fil Wi-Fi 6
Ethernet Non disponible

Caractéristiques techniques de l’AMS 3H

Capacité des bobines 9
Diamètres de filament 1,75 mm ; 2,85 mm uniquement via l’alimentation en bypass
Identification RFID Compatible
Température de séchage maximale 85 °C
Capacité de séchage simultané 2 bobines
Stockage étanche et évacuation active de l’humidité Pris en charge
Dimensions de l’AMS 3H 480 × 562 × 460 mm
Poids net de l’AMS 3H 9 kg

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