Il s'est fait attendre, mais il est enfin là. Le Canvas, module multicolore d'Elegoo, est disponible en précommande au prix de 45 €. Les premières expéditions sont prévues pour ce mois-ci.
Lors du lancement de la Centauri Carbon, Elegoo a d’abord traîné les pieds concernant le module multicolore. L’entreprise a ainsi envoyé des signaux contradictoires sur ses intentions. En 2024, elle affirmait que ce n’était pas une priorité ni un projet à précipiter. Puis, en 2025, elle l’a présenté comme une fonctionnalité à venir, avant de faire silence radio à l’approche de la sortie de la Centauri Carbon 2 début 2026.
Maintenant que la Centauri Carbon 2 est sur le marché, il était légitime de se demander si Elegoo prendrait encore la peine de soutenir son ancienne imprimante à 300 €. Mais la promesse a été tenue avec la présentation du Canvas pour la Centauri Carbon lors du salon Rapid + TCT en mai. Il est actuellement disponible en précommande et les expéditions devraient commencer plus tard ce mois-ci.
Nous avons pu tester le Canvas. Nous avons enduré son processus d’installation fastidieux pour voir s’il était à la hauteur de la Centauri Carbon 2.

Le Canvas d’Elegoo pour la Centauri Carbon est disponible en précommande au prix attractif de 45 €. Il ajoute un système à quatre entrées de matériaux à l’imprimante d’origine. En un coup d’œil, voici ses caractéristiques de base :
Elegoo commercialise le Canvas comme un module d’impression multicolore doté d’un contrôle indépendant. Le système peut gérer jusqu’à quatre bobines simultanément. Chaque entrée dispose de son propre moteur d’alimentation, et les quatre filaments convergent vers l’unique extrudeur de l’imprimante.
Le Canvas est également équipé d’un mécanisme de recharge automatique. Ainsi, l’imprimante peut poursuivre son travail sans interruption lorsqu’une bobine est vide en utilisant une autre bobine du même matériau, ce qui s’avère très pratique pour les impressions de longue durée.
Il n’y a pas grand-chose à ajouter sur cette nouveauté. Le fait est qu’Elegoo nous a fait miroiter cette option depuis l’annonce de l’arrivée de l’impression couleur pour le troisième trimestre 2025. Pour remettre les choses dans leur contexte, nous sommes actuellement au troisième trimestre 2026 et le Canvas est presque disponible.

Les imprimantes 3D modernes nous ont gâtés. La Centauri Carbon elle-même en est un bon exemple. Son déballage se résumait à retirer quelques vis et un peu de mousse avant de lancer un processus d’étalonnage. L’installation du Canvas, en revanche, nous a plutôt rappelé d’où venait l’impression 3D grand public plutôt que la direction qu’elle prend aujourd’hui.
Le manuel ne facilite pas vraiment la tâche. Il est assez rudimentaire, bien que les instructions vidéo étape par étape d’Elegoo comblent de nombreuses lacunes.
L’installation commence par le retrait du couvercle en verre, de la façade de la tête d’impression et du cadre intermédiaire. Vous devez ensuite remplacer la carte contrôleur et l’ensemble de l’extrudeur. Il faut par la suite retirer la plaque de base de l’imprimante pour faire passer une rallonge, installer les supports de montage et les porte-bobines, puis connecter quatre tubes PTFE au hub qui alimente la tête d’impression. Terminez par une mise à jour du firmware et vous serez enfin prêt à imprimer.
Rien de tout cela n’est particulièrement difficile. Néanmoins, il y a suffisamment de vis, de câbles, de tubes et de panneaux à manipuler pour que l’ensemble paraisse étonnamment « à l’ancienne ». La configuration rappelle davantage l’époque du bricolage de l’impression 3D que l’expérience fluide à laquelle nous sommes désormais habitués.

Cela semble en décalage avec une imprimante qui, par ailleurs, est si aboutie. Il faut toutefois remettre les choses dans leur contexte : le Canvas ne coûte que 45 €. À ce prix, on pardonne plus facilement une installation complexe. Surtout quand on sait qu’Elegoo aurait tout aussi bien pu abandonner ce module à la sortie de la Centauri Carbon 2.

Il ne s’agit pas d’une technologie révolutionnaire, mais la Centauri Carbon a toujours eu quelque chose d’attachant. Elle représente une belle évolution par pour rapport aux machines du même prix, et sa conception semble également très solide. Lors de sa sortie, Elegoo laissait entendre qu’elle pouvait rivaliser avec la Bambu Lab X1C. À bien des égards, elle a tenu ses promesses, mais elle pêchait sur le front de l’impression couleur. Bambu Lab a arrêté la production de la X1C en avril 2026. Cela illustre peut-être à quel point Elegoo est arrivé tard sur ce segment.
La meilleure comparaison possible aujourd’hui est peut-être son successeur, la Centauri Carbon 2. Elle est déjà équipée du Canvas d’origine, bénéficie d’une poignée d’améliorations, et ne nécessite surtout pas l’installation méticuleuse du module.
Mais revenons à l’impression. Une fois les quatre bobines installées, le système d’exploitation a reconnu le Canvas. Sa configuration implique de sélectionner le matériau et de choisir entre les filaments Elegoo ou génériques/tiers. Il existe néanmoins des options plus spécifiques que vous pouvez paramétrer dans le slicer.
Rien n’a changé par rapport à la Centauri Carbon d’origine. La seule différence réside dans le fait que l’imprimante est désormais alimentée par le Canvas, ce qui rend les impressions multicolores possibles. Nous avons déjà dit à quel point la qualité d’impression de la Centauri Carbon nous avait impressionnés. En matière d’impressions couleur, elle offre logiquement le même niveau de détail.
Pour tester le Canvas en conditions réelles, nous avons slicé un modèle à quatre couleurs particulièrement exigeant : une grande basse nécessitant 1 199 changements de filament. Le résultat était très réussi, mais les chiffres derrière cette impression sont édifiants.

Le modèle lui-même nécessitait 265 g de filament, tandis que le slicer estimait que près de 665 g seraient purgés lors des changements de couleur. Ajoutez à cela 70,5 g pour la tour de purge et 28,4 g de matériau de support. La consommation totale de filament estimée s’élève ainsi à un peu plus d’un kilo pour un modèle de 265 g. Le temps d’impression était quant à lui estimé à près de 43 heures.

Et c’est bien là que réside la plus grande faiblesse du Canvas : tous ces changements de couleur ont un coût.
La basse est un cas extrême, mais elle illustre l’inconvénient de l’approche à buse unique du Canvas. Chaque changement de couleur nécessite de décharger un filament et d’en charger un autre. Il faut ensuite purger suffisamment de matériau à travers la buse pour éliminer la couleur précédente. Avec des centaines, ou dans ce cas, plus d’un millier de permutations, ce gaspillage s’accumule très vite.
Voir le tas de déchets d’impression grossir à côté de l’objet rend le compromis particulièrement évident. Le Canvas est peut-être un moyen exceptionnellement abordable de se lancer dans l’impression quatre couleurs. Néanmoins, les modèles complexes peuvent brûler du filament à un rythme qui rend son prix d’appel de 45 € beaucoup moins impressionnant.
Les systèmes à double extrudeur et à changeur d’outil deviennent également plus accessibles. La X2D de Bambu Lab (que l’on peut considérer comme le successeur spirituel de la X1C) utilise deux buses pour réduire la quantité de purge nécessaire entre les couleurs. Elle reste bien sûr plus chère que la Centauri Carbon. Il convient toutefois de noter que la X2D Combo à 829 € est en fait moins chère que ne l’était la X1C Combo à son lancement (1 199 €). L’extrusion double devient donc plus abordable, même si l’approche à buse unique d’Elegoo reste le choix budgétaire par excellence.
Et ce n’est sans compter le propre successeur de la Centauri Carbon. La Centauri Carbon 2 Combo est déjà pré-équipée du Canvas pour 399 €. Pour un peu plus d’argent, vous vous épargnez donc du travail et vous obtenez une imprimante avec de meilleures performances.
Le prix du Canvas permet d’atténuer bon nombre de ses critiques. Il en va de même pour la Centauri Carbon, qui figure toujours comme notre meilleure imprimante FDM à moins de 300 €. Elle semble presque « trop haut de gamme » pour son prix indiqué, tout en affichant « un excellent rapport qualité-prix ».
Le plus gros compromis, au-delà de l’installation elle-même, est la perte de la chambre d’impression fermée de la Centauri Carbon. Cela rend l’impression de matériaux sensibles à la température moins pratique. Bien qu’il existe déjà des couvercles créés par la communauté pour les machines équipées du Canvas (avec des modèles disponibles sur Printables et Makerworld), ils impliquent des coûts et des efforts supplémentaires.
Pour les propriétaires actuels d’une Centauri Carbon qui souhaitent une impression multicolore abordable, le Canvas est remarquablement attractif à 45 €. L’installation est plus fastidieuse que nous l’aurions souhaité, et les impressions complexes génèrent d’importants déchets de purge. De plus, sacrifier la chambre fermée ne conviendra pas à tout le monde. Néanmoins, si ces compromis ne vous dérangent pas, il est difficile de nier tout le potentiel qu’Elegoo a su ajouter pour ce prix.
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Licence : Le texte de l'article "Test du Elegoo Canvas : faut-il dépenser 45 € pour la couleur sur la Centauri Carbon ?" écrit par All3DP est publié sous la licence Creative Commons Attribution 4.0 International (CC BY 4.0).