Les développeurs d’OrcaSlicer n’ont pas chômé. Impression native sur tapis, impression parallèle pour les machines IDEX et IQEX, prise en charge des Bambu Lab H2C et A2L : ce ne sont là que quelques-unes des grandes nouveautés en préparation et en test dans la version OrcaSlicer 2.5 Alpha.
Dans le monde de l’impression 3D, tout tourne désormais autour des plug-ins. Après l’annonce de la prise en charge des plug-ins dans la prochaine génération de PrusaSlicer, OrcaSlicer entre à son tour dans la danse avec son propre système de plug-ins basé sur Python.
La version 2.5.0 Alpha d’OrcaSlicer, publiée sur GitHub en préversion le 16 octobre, embarque son propre environnement d’exécution Python. Un plug-in peut donc se résumer à un simple fichier .py, ou être empaqueté au format .whl avec des ressources et d’autres fichiers nécessaires. C’est justement le type de code que les LLM savent très bien produire aujourd’hui. Les possibilités sont quasiment illimitées : un plug-in peut modifier la disposition et l’apparence du slicer, ajouter des fonctionnalités, et même insérer de nouvelles étapes dans le tranchage lui-même, comme la modification de couches ou le post-traitement du G-code.
Les plug-ins sont accessibles via Orca Cloud, qui dispose d’un navigateur de plug-ins, ou par installation directe si vous avez le fichier. L’approche diffère de celle de Prusa, qui isole chaque plug-in dans un bac à sable (sandbox) par excès de prudence pour la sécurité du système. OrcaSlicer se montre plus permissif : il vous demande une confirmation avant qu’un plug-in accède à des fichiers en dehors de son dossier de données, se connecte à Internet ou lance un programme. Les notes de version le disent clairement et recommandent de n’installer que des plug-ins de confiance.
PrusaSlicer a joué la carte de la prudence avec sa version 3.0 alpha, publiée le 1er septembre. Pour l’instant, ses plug-ins Lua se contentent de générer des objets (les tours de débit et de température sont les exemples fournis). Et l’ensemble du système repose sur le sandboxing, sans accès général au disque ni au réseau par défaut.
Au moment où nous écrivons ces lignes, 53 plug-ins sont répertoriés sur Orca Cloud. On y trouve notamment un modificateur de torsion des impressions signé SoftFever, le développeur principal, qui montre que les plug-ins peuvent agir sur le processus de tranchage lui-même. Un autre permet à OrcaSlicer de communiquer avec les machines Bambu Lab connectées au cloud, sans avoir à installer le logiciel de Bambu Lab.

Pour nous, les plug-ins ne sont toutefois que la tête d’affiche. Les développeurs d’OrcaSlicer présentent la 2.5.0 comme « la version la plus riche en fonctionnalités de l’histoire d’OrcaSlicer », avec plus de 950 demandes de tirage provenant de plus de 140 contributeurs. Nous avons fait le compte nous-mêmes : les notes de version comptent plus de 360 entrées renvoyant à plus de 400 demandes de tirage, contre 280 dans les notes de la 2.4.0 alpha sortie en mai. Quelle que soit la façon de compter, la 2.5 est une version majeure.
Le mélange de couleurs combine deux ou trois filaments chargés du même type en fines couches alternées, selon les proportions que vous définissez. De son côté, l’outil « Decompose Color » (Décomposer la couleur) détermine comment obtenir une teinte cible avec le filament chargé. Cette fonctionnalité est issue de Bambu Studio, qui a intégré le mélange de couleurs en s’inspirant de FullSpectrum, au moment du lancement de l’imprimante 3D X2D plus tôt cette année.
Autre nouveauté : un outil de déplacement de texture vous permet d’incruster dans le maillage des textures prédéfinies, ou vos propres textures et images importées, sous forme de véritable relief physique. L’onglet Design va encore plus loin avec de la CAO paramétrique basée sur des esquisses, import et export STEP compris, directement dans le slicer. Une pièce peut ainsi passer de l’esquisse au plateau sans jamais quitter Orca. Attention toutefois : cette fonction est expérimentale et désactivée par défaut.
Côté matériel, Orca prend désormais en charge les Bambu Lab H2C et A2L, ainsi que les buses de diamètres différents sur les H2D et X2D. Les variantes d’extrudeur par buse, autre fonctionnalité issue de Bambu Studio, fonctionnent sur n’importe quelle imprimante.
L’impression sur tapis quitte elle aussi les versions de développement quotidiennes (tout comme l’onglet Design). Elle arrive avec des profils pour la Printcepts BabyBelt Pro et l’IdeaFormer IR3 V2, ainsi qu’un profil générique pour imprimante à tapis. C’est sans doute le type d’imprimante le plus confidentiel qui soit, mais c’est désormais une niche prise en charge par OrcaSlicer. De même, les machines IDEX, à double portique ou IQEX sont mieux servies grâce à l’impression parallèle iXex. Le slicer peut ainsi configurer les modes d’impression copie et miroir, ce qui vous permet d’imprimer de deux à quatre pièces par tâche. Cela demande toutefois un petit effort de votre part : vous devez fournir le G-code de changement de mode.
Il y a un nombre vertigineux de fonctionnalités que nous ne pouvons pas toutes citer ici, des modificateurs « Precise Seam » (Couture précise) à l’export 3MF configurable (qui n’exporte que les paramètres choisis nécessaires à l’impression). Les notes de version valent vraiment le détour pour mesurer l’ampleur des nouvelles fonctionnalités, options et réglages prévus et déjà testables dans le slicer.
Si jouer les cobayes ne vous tente pas, la version 2.4.2 reste la version stable. Les versions Alpha sont disponibles en téléchargement pour Windows, macOS et Linux. Si vous vous lancez, suivez le conseil des notes de version : sauvegardez d’abord vos projets et vos profils.
Licence : Le texte de l'article "OrcaSlicer 2.5 Alpha : plug-ins, mélange de couleurs et CAO paramétrique débarquent dans le slicer" écrit par All3DP est publié sous la licence Creative Commons Attribution 4.0 International (CC BY 4.0).