Si vous vous lancez seulement dans l'impression 3D, ne vous cassez pas trop la tête avec le slicer. Trouver celui qui vous convient le mieux est sûrement bien plus simple qu'il n'y paraît.
Passer du modèle 3D à la pièce imprimée en 3D n’est pas aussi simple que de choisir l’objet, puis de cliquer sur « Imprimer » (même si ça s’en raproche). Tout d’abord, vous devez découper le modèle en tranches, et pour cela, il vous faut un slicer.
Un slicer est un logiciel d’impression 3D qui génère du « G-code » – un fichier que votre imprimante 3D peut interpréter, contenant toutes les instructions qu’elle doit suivre pour obtenir l’impression désirée. Les logiciels de tranchage peuvent vous donner l’impression que vous allez vous perdre dans la terminologie et les options de personnalisation, mais leur fonction première est très basique, et la plupart du temps, vous n’avez pas grand-chose à faire.
Si vous débutez dans l’impression 3D, nous vous conseillons, pour commencer, d’utiliser le slicer fourni avec votre imprimante 3D, ou plutôt celui recommandé par le fabricant de votre imprimante. Suite à cela, nous avons quelques propositions à vous faire si, passé un certain temps, le slicer par défaut de votre imprimante ne vous apporte pas satisfaction. Il peut y avoir plusieurs raisons à cela : l’absence de fonctionnalités innovantes populaires, une certaine frustration par rapport à l’interface utilisateur ou la compréhension des fonctionnalités, ou alors vous aimez bien vous distinguer et utiliser quelque chose de plus rare.
À la fin de ce guide, nous répondons à quelques questions essentielles au sujet des logiciels de tranchage en général. Ainsi, vous saurez quoi chercher lorsque vous serez prêt pour votre prochain slicer.
Mais dans l’immédiat, commençons par les meilleurs outils de tranchage 3D pour votre imprimante 3D.
Utiliser le logiciel fourni avec sa machine peut avoir l’air d’une évidence, mais il y a un historique qui fait qu’on n’en pas forcément envie. Il y a quelques années, on s’attendait fréquemment, surtout avec les imprimantes 3D bon marché made in China, à ce qu’elles soient livrées avec des versions caduques de Cura, et il fallait alors se démener pour configurer les profils de la machine et des matériaux. Le logiciel était rarement mis à jour, et le faire fonctionner reposait avant tout sur vous, l’utilisateur.
Cette époque est heureusement révolue, même si, dans certains milieux, on persiste à penser qu’il vaut mieux renoncer au slicer fourni par le fabricant. Mais le plus souvent, les imprimantes 3D modernes sont livrées avec des logiciels de tranchage optimisés qui s’intègrent bien avec le matériel. Bien sûr, il y a des différences, mais l’intégration est beaucoup plus poussée.
La plupart de ces slicers partagent les mêmes fonctionnalités, issues du travail en open source réalisé par Cura, PrusaSlicer, Bambu Slicer et Orca Slicer. Certains citent les projets sur lesquels ils s’appuient et leur redonnent plus que d’autres, alors si l’usage éthique et équitable de logiciels est important à vos yeux, le sujet mérite que vous vous y intéressiez de plus près. Il n’y a pas deux fabricants d’imprimantes 3D qui se ressemblent à cet égard.
Mais le plus vraisemblable au bout du compte, c’est que l’expérience la plus standard que vous ferez de votre nouvelle imprimante 3D se fera avec le slicer fourni par votre fabricant, alors insistez, familiarisez-vous avec lui, et passez du temps à imprimer pour vous faire la main.
Entendons-nous bien : pour un processus qui traite d’objets 3D avec autant d’abstraction, et qui exige un tel niveau de réflexion sur le plan visuel et spatial, il y a une pénurie inexplicable de logiciels de tranchage qui vous expliquent à quoi servent les boutons et valeurs directement dans le logiciel.
Tous les logiciels comme Prusa Slicer, Bambu Studio et Orca Slicer vous conduisent de leurs myriades de réglages vers des sites Web et des Wikis où on vous explique chaque réglage en détail, et, on vous l’accorde, ces guides sont très détaillés. Mais avez-vous vraiment envie de passer sans arrêt du slicer au navigateur et inversement alors que vous faites vos premiers pas ? Pas nous, en tout cas.
Dans ce domaine, le logiciel UltiMaker Cura continue de se distinguer. C’est grâce à la nature open source de Cura et à sa bibliothèque de plug-ins que les utilisateurs industrieux ont pu créer leurs propres améliorations de fonctionnalités, à l’image du guide des réglages « Settings Guide » de l’utilisateur GhostKeeper, dont la popularité ne faiblit pas. Installez ce plug-in, survolez un réglage avec le pointeur de la souris et – contrairement aux autres slicers qui donnent une brève description et un lien pour ouvrir un onglet dans votre navigateur Web –, ce qui s’affiche, c’est une explication complète facile à assimiler, qui inclut souvent des schémas, du réglage et de ce qu’il fait.
À ce jour, c’est la meilleure base de connaissances intégrée au slicer, et elle a beau dater d’il y a plusieurs années et voir sa popularité évoluer parce que les slicers fournis par les fabricants s’améliorent, nous estimons toujours que sur ce point, Cura l’emporte sur tous les autres slicers contemporains.
Ajoutez à cela l’interface utilisateur impeccable de Cura et les réglages « de base » faciles à comprendre, que l’on peut développer en réglages plus approfondis en un seul clic, et nous pensons que cela fait toujours de Cura une très bonne recommandation pour réduire la charge mentale et apprendre les bases du tranchage à votre rythme, sans avoir à jongler avec les onglets du navigateur ou les sous-menus nécessaires.
Quelques précautions s’imposent, cependant. La bibliothèque d’impression intégrée de Cura commence à dater, ce qui signifie que vous devrez configurer votre propre profil d’imprimante et faire circuler les impressions d’ordinateur à imprimante sur un support physique si vous utilisez une imprimante 3D relativement récente. Ce n’est pas la mer à boire, mais c’est vrai que les slicers par défaut du fabricant vous dispensent de cette tâche. En outre, le support pour les impressions multicolores est quasi inexistant au-delà de la double extrusion, des scripts de changements de filaments ou des interruptions. Si vous utilisez une imprimante multicolore avec un changeur de filament de type AMS, Cura ne saura pas tirer parti de toutes les capacités de votre matériel.
Le slicer tiers incontournable de notre époque, Orca Slicer, est une émanation assez fidèle de Bambu Studio, lui-même basé sur Prusa Slicer, et qui ajoute quelques idées de sa composition. Mais au bout du compte, tout cet historique est sans grande importance. Ce qui compte, comme souvent avec les slicers d’imprimantes 3D, c’est qu’Orca Slicer est un projet en grande partie animé par la communauté. Les utilisateurs férus de technologie y contribuent en corrigeant les bugs, en introduisant des fonctionnalités, mais aussi en suggérant des améliorations qui finissent souvent par intégrer le programme.
Sur le plan pratique, Orca Slicer reprend les meilleurs éléments de Bambu Studio et de Prusa Slicer, les produits de deux des sociétés les plus réputées dans le domaine des impressions 3D de bureau, et il ajoute ses propres améliorations à l’ensemble, coiffant souvent la compétition au poteau avec des fonctionnalités de bon sens, réclamées par la communauté.
Nous le recommandons comme compagnon au quotidien pour la majorité, car se lancer est franchement simple, et ce grâce à l’immense bibliothèque de profils d’imprimante proposés par la communauté. Il y a de fortes chances que votre imprimante s’y trouve déjà.
Par ailleurs, Orca Slicer incorpore une multitude d’outils de calibrage qui peuvent vous aider à affiner et améliorer vos réglages de tranchage, ce qui donne des impressions plus nettes sans avoir besoin de connaissances encyclopédiques dans un domaine ultraspécialisé. Tout se fait dans le slicer.
Orca Slicer va plus, loin et vous fait généralement profiter très tôt de fonctionnalités tendance et réclamées. Il assimile les innovations de ses deux grands concurrents, et les idées issues de la communauté y font souvent leur apparition en premier.
Si les machines Bambu Lab sont inclues dans la bibliothèque de presets, il convient de remarquer que depuis que Bambu Lab a renforcé l’intégration de logiciels tiers, Orca Slicer ne parvient plus à interagir à distance avec le matériel Bambu Lab à jour, sauf à le basculer tout d’abord en mode LAN exclusivement et à s’y connecter par ce biais.
Les utilisateurs aventureux peuvent tester les « nightly builds » – les dernières fonctionnalités et corrections de bugs à mesure qu’ils sont développés –, ou bien s’en tenir aux sorties stables, qui sont régulièrement mises à disposition via la page dédiée à Orca Slicer sur GitHub.
On vous voit. Vous avez levé les yeux au ciel en découvrant les recommandations qui précèdent : elles vous ennuient au plus haut point. Pire : vous vous y attendiez. « Recommandez-moi un logiciel qui me passionnera ! », vous entend-on hurler. Entendu. Si vous avez envie de quelque chose de tout à fait différent, alors essayez Lychee Slicer, un slicer indépendant en freemium.
Au départ, il s’agissait d’une forme d’alternative incontournable pour l’impression 3D en résine, mais ces dernières années, elle s’est aussi tournée vers l’impression 3D en filament, ce qui signifie que ce slicer tout-en-un peut servir à tout l’espace d’impression 3D de bureau.
À titre personnel, je ne le trouve pas aussi innovant ou immédiatement utile qu’Orca Slicer, mais Lychee Slicer propose un flux de travail inédit pour le tranchage : il le répartit en étape distinctes et en fait une présentation bien plus visuelle.
Il y a aussi une communauté dynamique d’utilisateurs qui contribuent aux profils de machines et de matériaux. Certes, iI n’est pas en open source, mais paradoxalement, l’aspect communautaire n’est pas particulièrement valorisé dans les autres slicers, ce qui fait que l’armée d’utilisateurs de Lychee Slicer constitue ici une véritable force.
Il existe une version gratuite, avec des publicités (c’est le monde moderne, que voulez-vous !), mais pour bénéficier pleinement de Lychee Slicer, vous devez vous abonner pour débloquer des fonctionnalités supplémentaires et vous débarrasser des publicités. Heureusement, il y a souvent des promotions – attendez-les donc avant de cliquer sur « S’abonner » si vous n’en voyez pas à l’heure actuelle.
Commençons par le commencement : un slicer 3D est un logiciel qui fonctionne sur ordinateur. Il fait office d’interprète entre votre imprimante 3D et votre PC : Vous lui fournissez un type de fichier 3D, généralement un fichier STL, 3MF ou OBJ. Puis le slicer découpe l’objet en une séquence de couches horizontales et produit un parcours à suivre pour la tête d’impression, ligne par ligne, couche après couche.
Après avoir analysé le fichier et vous avoir proposé différents réglages et options, le logiciel de découpe génère un fichier de « G-code » adapté à votre machine. Ce fichier définit les coordonnées, la température de la buse et du plateau, les réglages du ventilateur, la vitesse de la tête d’impression et d’autres variables.
Un modèle 3D seul ne constitue pas un fichier imprimable. Il vous faut un logiciel de tranchage pour prendre cette construction numérique et l’interpréter de telle façon que votre imprimante 3D puisse suivre, en fonction de ses paramètres spécifiques, du matériau que vous utilisez, et de vos préférences pour le fichier imprimé.
Les préférences personnelles joueront un rôle plus important que les différences fondamentales dans les performances des différents logiciels de tranchage. Pour nous, la question n’est pas tant de savoir si un slicer est « bon », mais s’il est « adapté » à votre situation et à votre configuration.
Tous les slicers ne se valent pas, même si beaucoup d’entre eux sont des émanations d’autres slicers. C’est pour cela qu’il y a des généralités sur lesquelles vous pouvez compter. La majorité des logiciels de tranchage de bureau font appel au processeur de votre ordinateur pour faire les calculs. Les aperçus 3D des modèles peuvent solliciter votre carte graphique, mais pour l’essentiel, c’est la « vitesse » de votre ordinateur qui jouera un rôle dans la rapidité du slicer, plutôt que celle du logiciel lui-même.
Trouver le bon paramètre peut s’avérer difficile, mais nous avons préparé un guide pratique consacré au paramétrage et à la configuration des slicers.
Comme nous l’avons établi avec notre sélection, il est fort probable que le slicer fourni avec votre imprimante 3D soit le meilleur choix. Si vous avez des problèmes insolubles avec celui-là, alors la solution de facilité est Cura, qui explique bien les options et dispose d’une interface utilisateur conviviale pour les débutants. Pour tout le reste, il y a Orca Slicer, qui allie facilité d’utilisation, fonctionnalités modernes et mises à jour fréquentes.
Licence : Le texte de l'article "Le meilleur slicer 3D, c’est sûrement celui que vous avez déjà" écrit par All3DP est publié sous la licence Creative Commons Attribution 4.0 International (CC BY 4.0).