Hembased affirme que son matériau FDM d'origine végétale est conçu pour se décomposer dans un compost à l'air libre. Toutefois, les analyses scientifiques et les détails de certification restent flous.
L’entreprise néerlandaise de matériaux Hembased vient de lancer un filament pour imprimante 3D fabriqué à partir de feuilles de palmier tombées au sol. D’après la marque, il est possible de le composter directement dans son jardin au lieu de le jeter à la poubelle.
Même si la quasi-totalité du PLA est d’origine végétale (généralement issu du maïs ou de la canne à sucre), il nécessite un traitement industriel pour se décomposer et être compostable. La plupart des utilisateurs n’ayant pas accès à ce type d’infrastructures de recyclage, la grande majorité du PLA finit dans des décharges. Il y mettra de plusieurs décennies à environ 100 ans pour se dégrader. C’est un problème que de plus en plus de fabricants cherchent à résoudre grâce à de nouvelles formulations.
« L’impression 3D est un outil puissant pour l’innovation rapide, mais les matériaux utilisés ne répondent pas encore aux exigences du futur », déclare Hembased sur son site web. « À une époque où les affirmations en matière de durabilité sont examinées de manière de plus en plus critique, nous faisons le choix de la clarté, de l’applicabilité pratique et d’une communication qui tient la route sur le terrain. »
Cependant, l’entreprise n’a pas encore publié de vérification indépendante ni d’étude scientifique venant appuyer ses affirmations sur le compostage.
Plutôt que de présenter une validation du filament fini, Hembased semble s’appuyer sur des études réalisées par HemCell, l’entreprise qui fournit les granulés de biopolymère à base de feuilles de palmier utilisés dans le filament. HemCell avance au moins deux arguments importants sur le compostage, mais aucun ne concerne directement le filament de Hembased. Premièrement, le brevet de HemCell décrit une formule composée à 50 % de gaine de palmier et à 50 % de PLA. D’après le document, cette préparation a absorbé 10 à 15 % d’eau, est devenue rugueuse et présentait des sections fines cassantes après 30 jours en milieu humide. HemCell revendique des résultats de test de 100 % pour le compostage domestique entre 20 et 30 °C, mais indique que sa certification pour le compostage à domicile est « En attente ».
Dans le fond, Hembased explique que le composant en feuille de palmier modifie la façon dont l’ensemble du matériau contenant du PLA interagit avec l’eau et les micro-organismes. Cette structure pourrait accentuer la pénétration de l’humidité et accélérer l’hydrolyse et la dégradation du PLA.
Selon Hembased, lorsqu’une pièce imprimée n’est plus utile, il suffit de la casser en petits morceaux et de l’ajouter au compost du jardin, au milieu des déchets verts, des restes alimentaires et du marc de café. L’humidité, la température, l’activité microbienne, le mélange du compost et l’épaisseur de la pièce influeront tous sur la vitesse de désintégration.
L’entreprise s’adresse aussi bien aux makers qu’aux professionnels. Elle suggère d’utiliser ce matériau pour des prototypes, des modèles éducatifs, des projets en atelier, le développement d’emballages et des pièces fonctionnelles d’utilisation finale. Elle propose également des ventes en gros, des livraisons récurrentes, des programmes pilotes et un accompagnement en R&D pour les entreprises qui développent de nouvelles applications. Hembased précise que son équipe d’ingénierie peut intervenir pour le prototypage, les tests, la validation des matériaux et l’évaluation de différents scénarios de fin de vie.
Pour les makers et les entreprises, Hembased avance une proposition intéressante : imprimer un objet sur des imprimantes FDM classiques, l’utiliser normalement, puis lui offrir un traitement biologique plutôt qu’un simple statut de déchet lorsqu’il arrive en fin de vie. Des tests indépendants devront encore confirmer si cette promesse se vérifie aussi bien dans le compost d’un jardin particulier que dans des conditions rigoureusement contrôlées, mais cela reste un pas dans la bonne direction pour le PLA.
Malgré une matière première inhabituelle, ce filament est destiné aux imprimantes FDM standard. Proposé aux alentours de 32 € le kilo, il demande selon Hembased une buse relativement large de 0,8 mm, une température de buse de 170 à 190 °C, un plateau d’impression à 30 °C, un refroidissement de la pièce à 30 % et des vitesses d’impression comprises entre 30 et 80 mm/s.
La marque conseille également de sécher le filament pendant 12 heures à 50 °C maximum, en particulier avant les longues impressions ou la fabrication de pièces volumineuses. Chaque bobine contient 1 kg de filament, sans compter la bobine elle-même qui pèse 154 g.
Licence : Le texte de l'article "Filament PLA aux feuilles de palmier : peut-on vraiment le composter dans son jardin ?" écrit par All3DP est publié sous la licence Creative Commons Attribution 4.0 International (CC BY 4.0).