Si le PETG vous semble trop souple et l'ABS très laborieux, donnez sa chance au PCTG : il pourrait bien redéfinir ce que "facile, solide et beau" signifie pour votre prochaine impression.
Dans le monde de l’impression 3D FDM, le PLA règne sur la catégorie loisir, le PETG est le matériau classique pour les pièces fonctionnelles, et pour les plastiques d’ingénierie, on trouve le nylon et le PC. Mais il y a un matériau relativement nouveau dont vous entendez peut-être parler de plus en plus : le PCTG. Ce filament, qui coûte généralement entre 25 et 50 € le kilo, fait la maille petit à petit entre une facilité d’impression au quotidien et des performances solides.

Pour les designers, les ingénieurs et les makers fatigués de devoir choisir entre facilité d’impression et performances, le PCTG offre un compromis très attrayant. Il combine la nature indulgente du PETG avec une robustesse améliorée, une transparence accrue, une résistance aux chocs 20 fois supérieure à celle du PETG et une bonne résistance chimique, tout en restant facile à imprimer.
Que vous repoussiez les limites du prototypage fonctionnel, que vous imprimiez des pièces d’utilisation finale robustes ou que vous exploriez simplement des matériaux plus polyvalents, le PCTG mérite sa place dans votre arsenal de filaments. Nos amis de chez Protopasta et 3D-Fuel ont eu la gentillesse de nous envoyer des échantillons de leur PCTG, nous les avons donc tous mis à l’épreuve.
Devriez-vous donner sa chance au PCTG ? Découvrons-le.
À la base, le PCTG (Polytéréphtalate de cyclohexylènediméthylène modifié au cyclohexanediméthanol) est chimiquement similaire au PETG, mais conçu pour offrir plus de robustesse, de transparence et de résistance chimique.
En général, considérez le PCTG comme un PETG avec des performances sous amphétamines : une meilleure résistance aux chocs, une meilleure transparence, une forte adhérence inter-couches et une stabilité dimensionnelle fiable. Mais d’autres polymères possèdent également ces qualités ; alors comment savoir quand le PCTG est idéal pour votre pièce et non de l’argent jeté par les fenêtres, étant donné qu’il est généralement un peu plus cher que le PLA et le PETG ?
Supposons que vous ayez conclu que le PLA est trop cassant pour vos pièces et qu’il n’offre pas une résistance thermique ou une durabilité suffisantes. Vous avez également écarté l’ABS en raison de son odeur et de sa tendance à devenir cassant avec le temps. Les impressions en PETG ne durent pas non plus assez longtemps ; les petits clips d’emboîtement se cassent, les trous de vis se fissurent à l’usage, ou le boitier de la batterie de votre drone se fend lors d’un atterrissage brutal. C’est là que vous avez besoin du PCTG.
Il existe sans aucun doute des matériaux plus tenaces et plus résistants aux chocs, comme le nylon et le polypropylène, mais vous entrez alors dans le territoire des filaments d’ingénierie, qui sont plus difficiles à imprimer et nécessitent souvent un habitacle fermé et une buse en acier trempé.
Le PCTG possède cet équilibre si difficile à atteindre entre propriétés mécaniques et facilité d’utilisation, ce qui le rend à la fois accessible et véritablement performant.
L’un des plus grands atouts du PCTG est qu’il s’imprime sur la plupart des machines FDM standard sans matériel spécifique. Les températures recommandées se situent dans la partie haute de la fourchette du PETG (entre 250 – 290 °C), avec un plateau chauffant autour de 80 – 100 °C, ce qui est tout à fait possible sur les imprimantes des imprimeurs occasionnels comme pour celles de niveau prosommateur.
Les fabricants de matériaux affirment que vous n’avez pas besoin d’un habitacle chauffé pour obtenir d’excellents résultats. Cependant, vous devez tout de même essayer d’éviter les courants d’air dans votre espace de travail et maintenir une température constante. Notre impression d’une lampe avec le PCTG transparent de Protopasta a montré un décalage de couche notable lorsque nous avons ouvert la porte de l’habitacle de notre Prusa CoreOne L pendant quatre minutes pour filmer une vidéo en cours d’impression. La température de la chambre était d’environ 40 °C et a chuté avec la porte ouverte.
Pour être honnête, les profils de slicer peuvent se faire rares, vous devrez donc créer le vôtre pour votre machine spécifique. Il y avait un profil pour le PCTG Spectrum sur notre Prusa CoreOne L, mais nous avons dû l’ajuster afin d’obtenir les réglages optimaux pour le Protopasta. Certains slicers n’incluent aucun préréglage pour le PCTG ; vous devrez peut-être partir d’un profil PETG et l’ajuster selon les recommandations du fabricant de PCTG.
3D-Fuel affirme que le PCTG est une « puissante amélioration par rapport au PETG lorsqu’il est imprimé correctement », et par « correctement », ils entendent :
Les tests d’impression et les tours de température sont une bonne idée pour éviter de gaspiller du filament. Nous n’avons eu aucun problème d’adhérence en imprimant le PCTG de Protopasta sur une plaque PEI lisse, mais celui de 3D-Fuel a eu quelques difficultés à accrocher, ce qui a été résolu en passant à une plaque PEI texturée et en utilisant un peu de colle.
Le PCTG résout de nombreux problèmes pratiques, mais il n’est pas parfait :
D’après les fiches techniques que nous avons consultées, la résistance aux chocs Izod du PCTG est environ 20 fois supérieure à celle du PETG commun.
Concrètement, cela signifie que la grande différence n’est pas que le PCTG supporte comme par magie plus de poids, mais qu’il est beaucoup plus difficile à fissurer suite à un choc soudain. Les pièces ont plus de chances de se plier ou de se déformer avant de se casser, ce qui le rend très attrayant pour les porte-outils, les pièces d’engins radiocommandés, les coques de protection et tout ce qui risque de tomber ou de subir des impacts.
Le PCTG présente une résistance aux chocs qui surpasse à la fois celle du PETG et du PLA Tough.
*Résistance au choc Izod avec entaille à 23 °C selon la norme ISO 180. Certaines marques de PCTG n’indiquent pas la résistance au choc dans leurs fiches techniques.
La durabilité du PCTG est l’un de ses points forts. Dans des applications fonctionnelles telles que les supports, les gabarits de montage et les boitiers d’utilisation finale, il résiste mieux aux fissures et aux déformations comparé au PLA Tough ou au PETG.
Il est plus judicieux de se tourner vers le PCTG plutôt que le PLA Tough lorsque vous avez besoin d’une meilleure résistance à la chaleur, aux produits chimiques et à une utilisation prolongée. Si votre pièce ne nécessite aucune de ces qualités, le PCTG ne justifie pas son prix supplémentaire.
Le PCTG n’est pas seulement tenace ; il est également chimiquement résistant, ce qui ouvre des possibilités d’utilisation pour les emballages, les accessoires de cuisine ou de salle de bain, le matériel de laboratoire et les accessoires de vélo qui dégraderaient autrement le PLA ou même le PETG.
Cette propriété s’étend également à la résistance à l’humidité. Bien que le PCTG (comme d’autres polyesters modifiés au glycol) puisse être un peu hygroscopique, il gère généralement mieux les environnements humides que de nombreux filaments de loisir et tolère de brèves expositions en extérieur avec une moindre perte de propriétés.
L’équilibre du PCTG entre résistance mécanique, transparence et facilité d’impression en fait un choix attrayant pour un large éventail d’applications, en passant par les prototypes fonctionnels et les boitiers, les gabarits et les fixations. Mais c’est dans la transparence qu’il excelle vraiment.
Le PCTG est généralement supérieur au PETG ou au polycarbonate (PC), en combinant clarté optique et robustesse.
Le PCTG peut offrir une meilleure clarté optique car il a tendance à rester transparent après le traitement, avec moins de structure interne qui disperse la lumière et rend les pièces troubles. Dans les plastiques transparents, l’ennemi n’est pas seulement la couleur : c’est la dispersion de la lumière causée par les cristallites, la tension interne, la séparation des phases, les bulles et les surfaces d’impression rugueuses.
Le PCTG présente souvent moins de blanchiment sous tension que le PC, ce qui signifie qu’il résiste à la tension de l’extrusion, du refroidissement et de l’adhérence inter-couches qui peuvent affecter la transparence du PC. Certains matériaux de la famille des PCTG sont fréquemment utilisés en moulage par injection et en thermoformage pour des applications optiques telles que les lentilles et les lunettes de sécurité, car ils allient transparence, résistance aux chocs, résistance chimique et stabilité hydrolytique.
Une bobine de PCTG transparent ne crée pas automatiquement une pièce imprimée cristalline comme du verre. Les pièces FDM paraissent troubles principalement à cause des lignes de couche, de la rugosité de surface et d’une extrusion irrégulière.
Le PCTG aide car le polymère lui-même a une faible opacité, mais l’impression nécessite toujours les bons réglages. Pour obtenir le maximum de transparence, utilisez une buse plus grande, le mode paroi simple/mode vase là où c’est possible, une température d’extrusion élevée selon la plage du filament, une impression lente, une régularité de flux à 100 % et un filament très sec.
Le PCTG est déjà performant, mais il pourrait l’être encore plus. C’est le raisonnement derrière certaines versions « améliorées » de chez Protopasta que nous avons eues entre les mains. L’entreprise fabrique un PCTG avec fibre de verre et un autre avec fibre de carbone.
Pourquoi ? Parce que, comparé au HT PLA de l’entreprise, le PCTG pur « a, en fait, une résistance mécanique maximale et une rigidité inférieures », explique l’entreprise. « Et si nous pouvions augmenter la rigidité et la résistance du PCTG ? » se sont-ils demandé.
Protopasta a créé deux niveaux de charge pour le PCTG-CF (Fibre de Carbone) : l’un de couleur grise, optimisé pour conserver la ductilité et la durabilité aux chocs (HIG), et une seconde formulation de couleur noire avec une charge plus élevée (HSB), qui sacrifie un peu de ductilité pour obtenir une force et une rigidité encore plus grandes sans paraître trop cassante, selon eux.
L’impression de matériaux composites exige une buse en acier trempé, ce qui réduit un peu la facilité d’utilisation, mais si votre application requiert cet équilibre parfait de propriétés mécaniques qu’offre le PCTG chargé de fibres, alors il est fait pour vous.
Vous trouverez également un PCTG allié à la fibre de carbone chez 3D-Fuel et le fabricant de matériaux Rosa3D. Il contient 10 % de fibres de carbone. Quant au Nobufil PCTG, c’est un PCTG durable fabriqué à partir de déchets industriels recyclés en Europe.
Licence : Le texte de l'article "Meilleur que le PETG ? Pourquoi le filament PCTG est une véritable évolution pour votre imprimante 3D" écrit par All3DP est publié sous la licence Creative Commons Attribution 4.0 International (CC BY 4.0).