Note
Le pari d'Anycubic pour une imprimante multicolore ultra-abordable donne naissance à une machine tout à fait compétente. Elle promet notamment de réduire la culpabilité liée au gaspillage matériel pendant la purge. Cependant, les économies réelles ne sont pas aussi marquées que l'affirme le fabricant. De plus, le suivi des pièces détachées à long terme reste incertain face au renouvellement très rapide de sa gamme de machines.
Il est facile de dévaloriser les efforts des fabricants d’imprimantes économiques, en les traitant comme de simples copies de machines plus robustes et populaires. Cependant, si vous regardez au-delà des similitudes, vous trouverez de temps à autre des choses surprenantes. La Kobra X m’a surpris. J’ai commencé ce test en m’attendant à une imprimante 3D générique et bon marché, dotée d’une technologie de tête d’impression non éprouvée et peu fiable, qui me laisserait sur ma faim.
J’avais en partie raison. Elle est effectivement bon marché, puisqu’elle coûte 299 €. Toutefois, ce prix inclut une technologie innovante de changement de trajectoire du filament. Cela signifie que vous pouvez laisser le changeur de filament de côté (un soulagement, vu nos expériences passées avec le système ACE Pro d’Anycubic).
Les finitions laissent parfois à désirer, et l’écran tactile est particulièrement lent à réagir. En revanche, des éléments comme le rail linéaire pour les déplacements sur l’axe X et la structure robuste, même avec quatre bobines pleines chargées sur le dessus, sont excellents. Ce sont vraiment les détails qui font bas de gamme, sans oublier le problème décevant du mélange de couleurs (impardonnable pour une imprimante multicolore). Mais la structure globale de l’imprimante ? Validée à 100 %.
Tout au long d’une série de tests, la Kobra X a assuré. Des impressions complexes et riches en structures treillissées, combinant plusieurs matériaux et couleurs ? Aucun problème. Augmenter légèrement les températures pour utiliser du PCTG chargé d’abrasifs ? Allons-y.

Avec ses valeurs de purge par défaut, elle génère peu de gaspillage de matériau. Toutefois, nous avons constaté que ces paramètres d’usine ne suffisent pas à empêcher les couleurs de se mélanger lors d’impressions multicolores et multimatériaux. Corriger cela dans le logiciel est simple, mais cela annule la promesse d’Anycubic de réduire les déchets de moitié, puisqu’il faut purger davantage pour éviter les bavures. Cela reste tout de même mieux que rien. Selon votre utilisation, vous n’aurez peut-être même pas besoin de modifier quoi que ce soit.
Pendant la première moitié de mes tests, je n’avais pas la moindre patience pour créer un compte cloud Anycubic et m’y connecter. Je ne l’ai donc tout simplement pas fait. En mode LAN, la Kobra X est restée connectée à notre réseau pendant des semaines sans la moindre coupure. Là encore, une surprise et un excellent point pour ses performances.
La Anycubic Kobra X est l’une de ces curieuses nouveautés dans le monde de l’impression 3D : une imprimante abordable qui tente quelque chose d’audacieux. Au lieu de copier bêtement une autre machine (le look en plastique blanc lisse commence à être un peu vu et revu), la Kobra X se démarque. Elle intègre un changeur de trajectoire de filament directement dans la tête d’impression, qu’Anycubic appelle ACE Gen 2.

Cela apporte plusieurs avantages à l’imprimante. Tout d’abord, cela élimine le besoin d’un boîtier externe encombrant pour gérer les changements de filament. Tous les trajets d’alimentation restent ainsi proches de l’extrudeur, sans nécessiter de longs retraits et chargements. Ensuite, le coupe-filament se trouve plus près de la buse. (Nous ne saurions affirmer si c’est une conséquence directe de la position du changeur ou non, nous ne le dirons donc pas). Cette pièce coupe l’extrémité du filament lors du changement pour des transitions nettes. La chute est ainsi plus petite, et il y a donc moins de matériau à purger (du moins en théorie – nous y reviendrons plus tard).
Un peu d’assemblage est nécessaire pour sortir la Kobra X de sa boîte, la brancher et la rendre prête à imprimer. Les quatre étapes principales consistent à fixer le portique à la base, brancher quelques câbles, attacher l’écran et installer la spatule de purge. Même pour les novices, l’opération devrait prendre moins d’une heure.

Il n’est pas obligatoire de connecter l’imprimante à Internet pour démarrer. Pendant une grande partie de nos tests sur la Kobra X, nous l’avons utilisée en mode LAN (déconnectée d’Internet, en envoyant les travaux via le réseau local). Ce mode s’est avéré exceptionnellement robuste. En général, lors de nos tests d’imprimantes, les connexions sautent et se coupent. Cependant, nous n’avons pas le souvenir que la Kobra X ait perdu sa connexion une seule fois durant notre utilisation.
Le design de la Kobra X vous oblige à positionner quatre bobines de filament sur des supports montés sur l’armature supérieure. Il s’agit de deux supports pouvant accueillir chacun deux bobines. Il est assez facile de charger et de retirer le filament de l’imprimante. Toutefois, l’angle d’alimentation à travers les supports de tubes de guidage (moulés par injection) peut parfois s’avérer délicat.
L’expérience de chargement du filament est le point où les choses semblent un peu basiques comparées à d’autres machines. Nous sommes certains qu’il s’agit d’un compromis pour maintenir des coûts bas. Curieusement, la documentation de l’imprimante ne mentionne pas la présence d’une reconnaissance de filament par RFID, bien qu’elle en soit équipée. Pour l’utiliser, il faut chercher l’option dans le menu de la machine pour l’activer à chaque fois. Dans l’ensemble, cela semble plus fastidieux que de saisir les informations soi-même.
La réactivité de l’écran semble être une autre victime des réductions de coûts. Taper et faire glisser son doigt dessus est une expérience frustrante, avec de nombreuses frappes et pressions qui ne sont pas enregistrées. Il convient également de noter que l’ACE Gen 2 peut se montrer capricieux lors de la détection du filament au chargement. Le chemin n’étant pas parfaitement fluide, nous avons parfois eu besoin de plusieurs tentatives avant que le matériau ne soit détecté, un constat d’ailleurs partagé par d’autres utilisateurs.

Une fois que vous avez poussé un filament assez loin dans la tête d’impression, il s’affiche dans l’emplacement correspondant sur l’écran pour que vous puissiez le configurer. C’est déjà ça.
Si l’on prend les composants principaux de la Kobra X de manière isolée, chaque aspect est excellent. L’imprimante fonctionne très bien. Le slicer ne nous a posé aucun problème pendant les tests. Nous tenons cependant à signaler qu’AnycubicSlicerNext a une réputation un peu mitigée ailleurs. Il y a suffisamment de plaintes concernant des plantages et des soucis de stabilité pour qu’il soit couramment conseillé d’utiliser OrcaSlicer avec un profil Kobra X créé par la communauté. Le slicer est, de toute évidence, une surcouche Anycubic d’OrcaSlicer, adoucie par une charte graphique bleue très agréable. L’essentiel pour imprimer de manière compétente (et même un peu plus) est bien présent si vous débutez tout juste dans l’impression 3D.

L’application elle-même est une extension élégante et fluide pour contrôler l’imprimante. Cependant, nous avons trouvé la procédure de téléchargement un peu douteuse. Par exemple, lors de la configuration, un code QR vous invite à télécharger l’application Anycubic afin d’associer votre compte à l’imprimante. L’intention est de scanner le code depuis l’application Anycubic pour effectuer la liaison. Mais si vous scannez le code avec l’appareil photo de votre téléphone, vous êtes redirigé vers un sous-domaine d’Anycubic qui, franchement, n’inspire aucune confiance. Il n’y a pas de lien direct vers les boutiques d’applications Android ou Apple, juste un site douteux avec trop peu d’informations sur ce qu’il vous demande de télécharger. J’ai immédiatement fermé la page.

À la place, téléchargez vous-même l’application directement depuis votre boutique d’applications avant de commencer. Ou abstenez-vous : vous n’en avez pas besoin pour faire fonctionner l’imprimante, bien qu’elle donne accès à des fonctionnalités utiles telles que la maintenance, le contrôle direct, la surveillance de la machine, et bien plus encore.

Avec son ACE Pro, Anycubic a contribué au fléau du gaspillage lié à l’impression à buse unique. C’était le premier changeur de filament non fabriqué par Bambu Lab sur le marché. Le résultat final était le même : énormément de déchets de filament lors des changements. La Kobra X semble être une tentative de rééquilibrer la balance. Au lieu de vendre cette nouvelle technologie à prix d’or, Anycubic l’a intégrée à un modèle très bon marché. Cela ressemble presque à des excuses.

Mais ce n’est un secret pour personne : Anycubic passe très vite d’une imprimante à l’autre. On peut ne pas être d’accord, mais c’est leur stratégie. L’une des conséquences de ce choix est l’apparition d’un vaste réseau de pièces exclusives partagées entre de petits groupes de machines. L’entreprise propose bien des pièces de rechange sur sa boutique en ligne. Mais à l’heure actuelle, la Kobra X est la seule imprimante de la marque équipée de l’ACE Gen 2. Il n’est pas certain que d’autres modèles suivront pour prolonger la durée de vie de la machine et justifier qu’Anycubic conserve des pièces en stock. Nous pensons que c’est un risque à long terme qu’il faut peser avant l’achat.

En pratique, le système s’est montré assez fiable lors des tests. De temps à autre, nous avons rencontré des erreurs de trajectoire de filament, mais la solution a invariablement été de décharger puis de recharger le matériau. Que ce soit volontaire ou accidentel, la Kobra X ne dispose d’aucun capteur de filament en dehors de la tête d’impression. Ainsi, une bobine entièrement vide sera avalée profondément dans la machine. Lorsque la fin est détectée, le dernier morceau de matériau est proprement éjecté sur le côté du boîtier de la tête d’impression. Cela ressemble à un défaut de conception, mais la régularité avec laquelle nous l’avons observé suggère que ce n’est peut-être pas le cas.
La qualité d’impression par défaut est correcte. En 2026, il n’y aurait aucune excuse pour qu’il en soit autrement. Au premier démarrage, la Kobra X effectue une routine d’étalonnage. Elle mesure ses mouvements et les points du plateau pour définir les décalages de manière optimale. Cette série de tests peut être relancée manuellement depuis le menu de l’imprimante.

Au cours de plusieurs semaines d’impression, nous avons fait passer divers matériaux par l’ACE Gen 2. Nous avons testé du PLA multicolore, du TPU compatible avec les systèmes AMS, du PETG, du PCTG, du PCTG chargé en fibre de verre et, avec un succès limité, du TPU super souple. Le système a parfaitement résisté à l’effort. Aucune panne critique ne s’est produite, pas plus que des bouchons au niveau de la buse ou d’autres erreurs étranges. À cet égard, l’expérience a été plutôt monotone. Cela vient appuyer notre conclusion (que nous aborderons plus tard) : la Kobra X se comporte comme une véritable bête de somme. Certaines imprimantes sont comme ça. Vous savez d’emblée qu’elle fera ce que vous lui demandez.
Le fait d’avoir les bobines de filament juste au-dessus de l’extrudeur devrait aider la Kobra X à imprimer des matériaux flexibles souples. Nous avons d’ailleurs atteint une qualité acceptable dans ce domaine, mais seulement après avoir bricolé des profils personnalisés. Le slicer n’intègre aucun profil de filament en dehors de la gamme Anycubic.

Je vais toutefois tempérer ces propos élogieux. Ce comportement n’est pas représentatif de notre passif avec les imprimantes à filament d’Anycubic. Le fait d’avoir une machine qui fonctionne parfaitement pendant quelques semaines ne constitue donc pas une preuve solide. Les anciens modèles Kobra ont montré la disparité habituelle des imprimantes économiques, oscillant entre des unités très fiables et quelques ratés. Prenez donc notre expérience sans accroc comme un indicateur encourageant plutôt que comme une garantie. (Honnêtement, c’est ainsi que vous devriez interpréter n’importe quel test, qu’il s’agisse du nôtre ou de celui d’autres médias).

L’une des nouveautés intéressantes de la Kobra X est qu’Anycubic s’est inspirée de Bambu Lab avec un nouveau système de changement rapide de buse. Il ne s’agit pas du bloc hotend complet : vous ne remplacez que la buse, maintenue en place par une fine cage métallique. Les buses elles-mêmes sont de petites pièces assez délicates en acier trempé. Étant donné que le dissipateur thermique et le heatbreak restent fixés dans la tête d’impression, le remplacement s’avère un peu fastidieux. Ce n’est clairement pas aussi simple que sur une machine Bambu Lab, par exemple.

La Kobra X est livrée avec une buse en acier trempé de 0,4 mm. Elle est donc prête à affronter des matériaux abrasifs dès sa sortie de boîte. Tout bien considéré, l’extrusion directe (qui descend tout droit depuis le haut de la tête d’impression), combinée à la buse trempée incluse, en font d’emblée une imprimante très polyvalente. Il est difficile d’émettre des critiques quant à la conception générale du matériel principal avec lequel vous travaillez.

Sur l’ensemble de nos impressions, notre principal reproche est que les valeurs de purge par défaut, en particulier pour les matériaux clairs, sont beaucoup trop conservatrices. Cela se traduit par un mélange de couleurs évident. Il serait très frustrant de s’en rendre compte après plusieurs heures sur une longue impression impliquant de fréquents changements de couleurs. Bien sûr, cela implique de devoir déterminer manuellement les volumes de purge nécessaires la première fois que vous utilisez un nouveau matériau. C’est d’ailleurs le reproche le plus fréquent que l’on retrouve au sein de la communauté des utilisateurs. La solution consiste à se rendre dans les menus de purge et à ajuster les paramètres de manière adéquate (ou bien à utiliser un profil de la communauté dans OrcaSlicer).

Cela vient totalement contredire les affirmations d’Anycubic quant à l’efficacité du changement de matériau. Si l’ACE Gen 2 est assurément plus rapide que les systèmes de changement de filament complets de type AMS, l’efficacité matérielle est beaucoup moins évidente lorsque la buse nécessite une purge prolongée pour éviter les bavures. Ils n’ont pas pris la peine d’optimiser cet argument de vente pourtant majeur de l’imprimante, ce qui pousse à se demander quels autres aspects ont pu être bâclés ou négligés.
Dans l’ensemble, notre avis sur la Kobra X est positif. Cependant, le verdict final est plus nuancé.
Certaines pièces font un peu bas de gamme, comme le coupe-filament, la spatule et l’écran. Heureusement, le châssis en dessous donne une tout autre impression. Ce bilan mitigé pourrait vous faire douter du changeur intégré à la tête d’impression. Après tout, ce composant peut être perçu comme une technologie expérimentale d’avenir pour le fabricant. Dans l’idée, je pense que la Kobra X est l’imprimante 3D qu’il vous faut si vous faites attention à votre budget, mais que vous mourez d’envie d’imprimer des modèles multicolores. Elle en est capable, et elle le fait bien.
Pour 299 €, vous profitez de l’expérience d’impression en quatre couleurs attendue. Celle-ci peut s’étendre à 19 couleurs, si vous êtes assez courageux pour relier des unités ACE Pro 2 à la machine. De plus, vous bénéficiez d’une excellente qualité d’impression. Au bout du compte, l’expérience multimatériaux s’avère plutôt sereine. À condition, bien sûr, que vous n’ayez pas peur d’ouvrir les menus de valeurs de purge et de bidouiller un peu les chiffres.
Le mélange de couleurs se règle finalement assez vite. Cependant, cela anéantit complètement la promesse d’Anycubic : « 2 fois la vitesse, 2 fois l’économie » (ne devrait-on pas plutôt parler de moitié moins de déchets ?). Certaines économies sont réelles. Mais les chiffres mis en avant sont gonflés. J’ai imprimé mon modèle de test standard en trois couleurs sur la Kobra X. J’ai gagné 1 h 20 par rapport à la Centauri Carbon 2 Combo d’Elegoo. On est loin de la moitié du temps promis. Heureusement, la quantité de déchets de purge (« crottes ») a été divisée par plus de deux.
Il aurait été appréciable de voir Anycubic miser pleinement sur l’ACE Gen 2 comme technologie d’impression multicolore à buse unique par défaut. Ils auraient pu la perfectionner et s’imposer comme le choix de prédilection pour les systèmes économiques à buse unique. Or, ce système est absent de la toute nouvelle Kobra 4. Cela en dit probablement long sur son avenir.
Achetez donc la Kobra X pour ce qu’elle est aujourd’hui. C’est une véritable bête de somme multicolore, authentiquement abordable et performante, dotée d’une technologie astucieuse d’économie de purge. Sachez simplement qu’il vous faudra modifier certains paramètres pour obtenir un résultat convenable. Et ce, au détriment des performances vantées par le fabricant.
Licence : Le texte de l'article "Test de la Anycubic Kobra X : l’impression multicolore abordable et économe en purge" écrit par All3DP est publié sous la licence Creative Commons Attribution 4.0 International (CC BY 4.0).
CERTAINS CONTENUS QUI S'AFFICHENT SUR CE SITE PROVIENNENT D'AMAZON. CE CONTENU EST FOURNI « EN L'ETAT » ET PEUT ETRE MODIFIE OU SUPPRIME A TOUT MOMENT.